« Yitro… a entendu tout ce qu’avait fait Hachem pour Moché et pour les Béné Israël » (Béréchit 18. 1).
Rachi explique qu’il s’agit de la traversée de la mer Rouge et de la guerre contre Amalek.
Rav Moshé Shneïder s’interroge : Yitro était-il le seul à avoir entendu ces miracles ?
Evidemment non, puisque la Thora témoigne que pendant la traversée de la mer Rouge, tous les peuples du monde tremblèrent de peur.
Pourquoi donc, contrairement à Yitro, les autres peuples ne s’éveillèrent-ils pas à rejoindre le peuple juif et à se convertir ?
En fait, Yitro n’a pas seulement entendu un son avec son oreille, mais c’est son cœur qui a entendu ce son.
Les autres peuples ont appris des nouvelles extraordinaires (ouverture de la mer Rouge, guerre contre Amalek) mais ne les ont pas intériorisés et ils sont rapidement retournés vaquer à leurs occupations.
En revanche, Yitro a pris le temps de s’interroger, de réfléchir et a décidé de se convertir.
Le Hazon Ich ajoute que dans le même ordre d’idées, le premier verset du Chéma Israël n’est pas qu’une écoute physique, mais une véritable réflexion et acceptation du joug Divin qui est la Mitsva principale du Chéma.
De manière générale, on voit qu’un même son ou de mêmes paroles n’ont pas le même impact sur tout le monde.
La différence se fait sur la préparation de notre cœur à entendre et à mettre en pratique.
Nous devons donc nous efforcer d’intérioriser les mots de Thora que nous écoutons, et ainsi pouvoir servir encore mieux Hakadoch Baroukh Hou.
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« Moi, Je suis l’Éternel ton D.ieu qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte… » (Béréchit 20 ; 2)
Le Chévet Moussar décrit ce à quoi nous devons penser lorsque nous entendons une lecture de la Torah :
On doit imaginer que la Bima est le mont Sinaï et que l’on reçoit la Torah du mont Sinaï.
On doit penser qu’Hachem et Ses anges sont présents, comme cela l’a été au don de la Torah.
On doit se dire que c’est Moché Rabbénou qui lit la Torah et que toute la nation juive se tient autour du mont Sinaï pour écouter la Torah de sa bouche.
Le Michna Broura (146,19) écrit que selon la halakha, il est permis de s’asseoir lorsque l’on écoute la lecture de la Torah.
Cependant,le Maharam de Rothenbourg dit qu’il est bien d’être debout.
La raison en est que lorsque nous écoutons la lecture du Séfer Torah, on doit s’imaginer comme si on écoutait la lecture de la Torah au mont Sinaï, or au mont Sinaï, tous les juifs étaient debout.
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« Tout le peuple voit les sons… et le son du Chofar » (Béréchit 20. 15)
Dans notre Paracha un détail étonnant apparaît lors du don de la Torah, le peuple d’Israël entend des voix et voit des sons.
Les commentateurs expliquent que cette expérience dépasse les sens habituels.
Au Sinaï, la Torah n’est pas seulement comprise avec l’intelligence, elle est ressentie, vécue profondément.
Cela nous enseigne que la Torah ne se limite pas à l’étude intellectuelle, mais doit toucher le cœur et transformer la personne.
De plus, Hachem s’adresse à tout le peuple, sans intermédiaire. Hommes, femmes, enfants, tous sont présents.
Cela nous montre que la Torah n’est pas réservée à une élite spirituelle. Chacun a une place unique dans sa réception et sa transmission.
Même si tous ont entendu les mêmes paroles, chaque âme les a reçues selon sa propre sensibilité.
Enfin, juste avant la révélation, le peuple est invité à se préparer pendant trois jours.
La Torah nous apprend ainsi que la préparation est essentielle.
Les grandes révélations ne viennent pas par hasard, elles demandent un effort, une disponibilité intérieure et un travail sur soi.
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