TEROUMA 2026

« Parle aux Béné Israël : qu’ils prennent pour Moi un prélèvement de tout homme que son cœur rendra généreux » (Chémot 25 ; 2)

Logiquement, il aurait dû être écrit : « qu’ils donnent un prélèvement », puisque les Bné Israël donnèrent de leurs propres biens afin de construire le Michkan.

Rav Israël de Tchorkov explique que l’un des fondements de la Émouna consiste à savoir que l’homme ne possède rien de lui-même, toute sa richesse et ses possessions ne proviennent pas de « la force de son poignet », mais tout, absolument tout, est un don de Hachem, qui nourrit et subvient aux besoins de tous.

C’est Lui qui lui donne la force de réussir dans ses entreprises et bénit l’œuvre de ses mains. Et même s’il reçoit de l’argent et des biens, ceux-ci ne sont pas à lui mais constituent un dépôt dont il est le gardien.

C’est précisément sur cette base que la mitsva de Tsédaka doit s’accomplir, celui qui donne doit être convaincu et pleinement conscient qu’il ne donne pas de ce qui est à lui, mais donne à celui que le Propriétaire véritable a désigné comme receveur et remet un bien qui a été déposé chez lui et dont il est le gardien.

C’est le sens de la Michna des Pirké Avot (3,7) : Rabbi Eliézer Ich Bartota enseigne : « Donne-Lui ce qui est à Lui, car toi et tout ce que tu possèdes sont à Lui ». Comme il est dit : « C’est de Toi que tout provient et c’est de ce qui est à Toi qu’on te donne. » (Chroniques 1 29, 14)

_________________________________________________________________________________________

 « (Prends) des peaux de Ta’hach… » (Chémot 25 ; 5)

Dans les peaux qu’on utilise pour la construction du Mishkan il y a la peau du Ta’hach.

Rachi explique qu’il s’agit d’une sorte de bête qui n’a existé qu’à ce moment. Elle avait plusieurs couleurs, c’est pourquoi on traduit multicolore. Mais cela peut également signifier « qui se réjouit et se glorifie à cause de ses couleurs ». (Guémara Chabbat 28)

Le Divré Israël explique que la diversité de couleurs du Ta’hach est à mettre en rapport avec la variété des situations dans lesquelles le Créateur place chaque personne et la joie qui doit animer celle-ci en toute circonstance. Comme le Ta’hach qui se réjouissait de la variété de ses couleurs.

C’est, poursuit-il, le sens allusif profond du commentaire de Rachi, « le Ta’hach n’exista qu’à cette époque », c’est-à-dire que la diversité symbolisée par le Ta’hach n’exista que pour suggérer au Juif d’accepter avec amour et joie « cette époque », c’est-à-dire le moment qu’il est en train de vivre, dans toutes les situations dans lesquelles Hachem le place.

C’est également le sens de la Michna dans Pirké Avot (4, 1) : « Ézéou Ashir ? Hasaméah Béhelko » (Quel est le riche ? Celui qui est content de son sort)

« Son sort », le sort que Hachem lui réserve, bon ou mauvais, beaucoup ou peu, il prend tout du bon côté avec amour.

Le Iguérète HaTioul (Iguérète 70) y voit une allusion dans le terme-même employé dans la Michna : ‘Helko (son sort)

En hébreu, le mot ‘Helko est formé des lettres : Hèt, Lamed, Kouf et Vav.

  • Le Hèt est l’initiale du mot Ham, chaud.
  • Le Lamed est l’initiale du mot La’h, humide.
  • Le Kouf est l’initiale du mot Kar, froid.
  • Le Vav est l’initiale du mot Véyavèsh, et sec.

Afin de suggérer que le « riche » est celui qui accepte toutes ces conditions avec amour et est heureux de la variété des circonstances dans lesquelles Hachem le place, « chaud ou froid, humide ou sec ».

Il est parfaitement convaincu que cette diversité provient d’Hachem et lui procure le plus grand et le plus complet des bienfaits.

Un tel homme ne cherchera jamais à vouloir accélérer le processus en se disant : « Quand viendra enfin le moment où cette conduite d’Hachem envers moi laissera place à une heure plus propice et à une autre conduite envers moi ? » Mais, à chaque instant, il sera content et heureux de la manière dont Hachem le dirige.

Grâce à cela, nous pourrons mieux augmenter notre joie pendant ce mois de Adar.  

Car il est un grand principe : la tristesse trouve son origine dans un manque de Émouna. Lorsqu’une personne n’est pas pleinement consciente que Hachem dirige sa vie et que tout ce qui se passe est pour le bien, elle n’est pas contente et ne se suffit pas de ce qu’elle a.  

Il n’y a pas de plus grande joie que celle de celui qui place sa confiance en Hachem. 

__________________________________________________________________________________________

« Les chérubins seront déployant les ailes vers le haut … et leur face tournée l’un vers l’autre » (Chémot 25 ; 20)

La Guémara Baba Batra (99a) dit que lorsque Israël accomplissait la volonté d’Hachem, les visages des chérubins étaient tournés l’un vers l’autre.

Dans le cas contraire, ils se tournaient chacun vers les murs du Sanctuaire (ils étaient alors dos à dos).

Le Beit Israël voit en cela une allusion : Lorsqu’un juif est tourné vers autrui et cherche à lui faire du bien, il accomplit alors la volonté d’Hachem.

L’allusion va plus loin, même celui qui est pur de toute faute comme un nouveau-né (évoqué par les chérubins), et qui « Étend ses ailes vers le haut » symbolisant ainsi qu’il est spirituellement élevé, n’est pas encore considéré pour autant comme accomplissant la volonté d’Hachem tant qu’il ne se tourne pas vers autrui afin de lui venir en aide, en parole ou en acte, en renonçant parfois à son propre droit et en étant disposé à lui rendre le bien pour le mal.

En revanche, si « Il tourne sa face vers le mur » en ignorant son prochain et ses besoins, il pourrait avoir « Les ailes dirigées vers le haut » et se conduire avec piété dans ses devoirs envers Hachem, il n’en demeurerait pas moins comme n’accomplissant pas la volonté divine.

Car le fondement de tout est de veiller à ses devoirs envers autrui.

__________________________________________________________________________________________