VAYEHI 2026

« … Tu agiras envers moi avec bonté et vérité. Ne m’enterre pas, je t’en prie En Egypte. » (Béréchit 47 ; 29)

Selon Rachi, la bonté que l’on fait envers les morts, c’est la véritable bonté, car on n’attend pas de paiement en récompense.

Le Hidouché haRim (cité dans Likouté Yéhouda) explique que la bonté que l’on fait pour un défunt est d’organiser sa Lévaya, son enterrement. Il s’agit d’un grand acte de bonté, car les funérailles sont la dernière occasion pour une personne d’accomplir des Mitsvot.

Le Passouk dans Téhilim (88 ; 6) dit que l’on devient libre lorsqu’on meurt.

La Guémara Chabbat (30a) explique qu’une personne décédée est libérée des Mitsvot, car elle ne peut plus les accomplir.

La Torah leur a donc fourni une occasion supplémentaire de réaliser une dernière Mitsva en leur accordant celle de la lévaya, où les gens peuvent escorter le mort, et par conséquent, obtenir une Mitsva.

Ainsi, celui qui est décédé obtient la Mitsva d’offrir aux autres la possibilité de faire une Mitsva. Par conséquent, offrir des funérailles à une personne décédée est une grande bonté.

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« Et moi, je t’ai donné une part de plus qu’à tes frères, que j’ai prise de la main de l’Émoréen, par mon glaive et mon arc. » (Béréchit 48 ; 22).

Le Targoum Onkelos traduit le mot « Harbi », mon épée, par prière, et « Kachti », mon arc, par prière personnelle.

Le Messéh Hokhma enseigne que ce Targoum Onkelos met en lumière la différence entre la prière établie, c’est-à-dire les prières fixées par nos Sages, et nos prières personnelles.

La comparaison des prières fixées par nos Sages à une épée nous enseigne à quel point ces prières sont puissantes. Même une personne faible ou peu qualifiée peut blesser gravement quelqu’un avec une épée. De même, les prières établies pour nous par nos Sages sont par nature puissantes.

Même une personne qui n’a pas la compréhension ou le niveau nécessaires peut accomplir beaucoup en récitant ces prières établies.

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« Yaakov appela ses fils et dit : Rassemblez-vous et je vous raconterai ce qui vous arrivera à la fin des jours. » (Béréchit 49 ; 1)

Le Séfer Yalkout Moché, cite le Baal Chem Tov, qui dit que le mot « Yikra », arriver, a une connotation de « Mikré », un événement qui arrive par hasard.

Cela indique que le Machiah viendra d’une manière imprévue. Les gens seront assis et effectueront leur travail ou étudieront la Torah. La vie se poursuivra comme d’habitude, et il arrivera soudainement.

Le Rav de Satmar (le Divré Yoel) écrit : J’ai entendu au nom de Rav Elazar de Raïsha, qui a entendu du Divré Haïm, qui lui, l’a entendu directement du Rabbi de Rophitz, que nous n’aurons pas besoin de passer par toutes les souffrances et les épreuves que nos Sages ont prédits au sujet des jours précédant l’arrivée du Machiah, parce que les Tsadikim des générations passées ont déjà rectifié cela.

Au lieu de cela, le tailleur sera assis dans sa boutique et coudra, et l’aubergiste sera assis dans son auberge, et soudain, l’annonce sera faite que le Machiah est arrivé !

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« Ses yeux seront rouges à cause du vin et ses dents seront blanches à cause du lait » (Béréchit 49 ; 12).

 Yaakov bénit son fils Yehuda en disant qu’il aurait : « les dents blanches à cause du lait »

Le lait est un aliment incontournable dans la vie des êtres humains. Tous les humains sur terre ont bu le lait maternel, et pourtant, nos Sages ont interprété cette expression comme signifiant qu’il est plus important de sourire à quelqu’un et lui témoigner de la bienveillance que de lui offrir du lait, c’est-à-dire lui donner à manger ou à boire.

Rav Moshé Feinstein devait assister à sa première réunion en tant que président du Congrès des Grands de la Torah. Une voiture l’attendait devant la Yeshiva, les étudiants l’entourèrent pour l’escorter jusqu’à la voiture.

Alors qu’il s’apprêtait à monter dans la voiture, un homme pauvre lui demanda l’aumône. Rav Moshé fouilla dans sa poche et lui donna quelques pièces.

Mais le mendiant n’en avait pas fini. Il entama une conversation avec le Rav, tandis que le chauffeur et les étudiants s’impatientaient de plus en plus.

Quelques-uns tentèrent d’expliquer au pauvre homme que Rav Moshé était très pressé, mais le Rosh Yeshiva leur fit signe de s’éloigner.

Après dix longues minutes, Rav Moshé Feinstein s’excusa et partit. Il serra la main du mendiant et monta enfin dans sa voiture.

Un des étudiants eut le courage de lui demander pourquoi il n’avait pas simplement donné l’argent à l’homme en prétextant un manque de temps. Rav Moshé répondit :     « Il faut comprendre que pour cet homme, la conversation comptait bien plus que l’argent. Ma mitsva de Tsédaka consistait notamment à lui montrer que son opinion m’importait et que je n’étais pas trop occupé pour lui parler !»

Le fils aîné de Rav Moshé, Rav David, dit de lui : « Mon père ne perdait jamais une minute. Mais si une personne pauvre ou en détresse avait besoin d’une heure pour se confier, mon père pouvait lui consacrer une heure. »

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« Il (Issachar) a vu que le repos était bon, et que le pays était agréable. Il a incliné son épaule pour porter le fardeau et il est devenu travailleur tributaire. » (Béréchit 49 ; 15)

Le verset semble dire qu’il avait une vie agréable et bonne, mais il dit ensuite qu’il a plié son épaule pour travailler dur.

Si la vie est si agréable, pourquoi voudrait-on travailler dur ?

Le Rav Bounim de Peshischa répond que le mot « Sovel » (supporter) indique la Savlanout (patience, tolérance).

Ainsi, le verset nous enseigne que le meilleur moyen d’avoir une vie agréable est de faire preuve de patience et de tolérance.

Si quelqu’un est impatient ou intolérant, il ne pourra pas vivre en paix. Même si tout est bon pour lui, il ne pourra pas en profiter.

Mais si quelqu’un est patient et tolérant, il se sentira toujours en paix et pourra vraiment profiter de la vie. Ainsi, le verset dit que celui qui a de la Savlanout trouvera que la vie est bonne et agréable.

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« Achère, son pain sera gras » (Béréchit 49 ; 20)

Hazal enseignent que Achère, fils de Yaakov, se tient aux portes du Guéhinam et ne laisse pas y entrer quiconque s’est consacré à l’étude de la michna.

C’est pourquoi, le Passouk dit que le pain de Acher est « gras » (Chéména, שמנה en hébreu, ce mot est composé des mêmes lettres que « Michna » (משנה). En effet, Achère protège ceux qui se sont consacrés à la Michna.

De plus, le verset parle du « pain » de Achère qui est gras, allusion à la recommandation du Maguid (ange) qui a enjoint à Rabbi Yossef Caro (l’auteur du Choulhan Aroukh) d’étudier un chapitre de Michna avant de prendre son repas et de manger son pain.

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